mercredi 25 mars 2015

Baguage de Pétrels Géants

Aujourd’hui, 25 mars, l’heure du baguage a sonnée pour les poussins de Pétrel Géant Antarctique (Macronectes giganteus)! Avec Benjamine, l'autre ornithologue (programme 109 - Chizé), on se rend sur la corniche du versant Sud de l’île Rostand car c’est là que nichent les quelques 20 couples présents à Pointe Géologie.

Ces énormes oiseaux marins, dont l’envergure peut atteindre 2m, nichent tous les 2 ans. Ils pondent un unique œuf en octobre et le couvent pendant 60 jours. Le poussin prend son envol au bout d’environ 4 mois, en général entre fin mars et avril. Après son départ, le jeune Pétrel Géant passe ses premières années à se déplacer autour du Pôle Sud et commence à se reproduire à son tour entre sa 6ème et sa 10ème année.


L'espèce est particulièrement sensible au dérangement, l'accès à leur zone de nidification est strictement interdit et la session de baguage est la seule intrusion faite dans le groupe.

[Photos: Notre photographe officiel Stéphane Oros]











Promenons nous entre les bergs

Flash-back de la campagne d'été

Quelques jours avant R4, une belle journée ensoleillée nous pousse à aller faire un petit tour.. C'est l'occasion de profiter du nouveau visage des bergs, certains ayant fondu comme neige au soleil (logique me direz-vous!) et de croiser quelques Empereurs en avance ou quelques poussins d'Adélie en retard (voire les deux en même temps). Portraits de bergs et de gens heureux:
[Photos Fabien Petit] 









jeudi 19 mars 2015

Cap Odile


Flash-back de la campagne d’été

Début février, direction Cap Odile pour l’équipe Ecophy. Il nous faut récolter des poussins d’Adélie morts sur lesquels on prélève du muscle pectoral de retour au labo. Ces prélèvements sont effectués en vue d’étudier la structuration génétique des populations d’Adélie. Des poussins ont été ramassés sur les différentes colonies des îles de l’archipel. En parallèle à la manip, on en profite pour visiter un peu les lieux. Tour d’horizon du tourisme à Cap Odile: des cailloux, de la glace.
 


 

mercredi 18 mars 2015

Mer en vue ~ Astrolabe

Le 12 mars au réveil, surprise, la banquise a encore débâclé un peu plus! La surface de l’eau scintille et semble toute proche... L’Astrolabe est à 2km de la base ! Impossible de rater l’occasion de voir ce bateau mythique de près (souvenez-vous, je suis arrivée en avion contrairement à la plupart de mes co-hivernants) et surtout, de toucher du doigt l’eau libre et de voir les Empereurs à l’eau…

Défilé d'empereurs et Astrolabe en second plan (Photo: Stéphane Oros)

Devant l'Astrolabe. Au dessus de nos têtes, les allées et venues incessantes des hélicos
pour le déchargement du fioul (ici l'hélico néo-zélandais).


Le lendemain, on remet ça, on va rendre une dernière petite visite à l’Astro (en montant à bord cette fois) et aux derniers campagnards d’été qui nous quittent. 

Nous sommes 24 à présent, c’est "enfin" le début de notre hivernage qui va durer environ 7 mois. Les activités et divers projets d’hivernage sont lancés, j’ai pour ma part commencé la guitare et les cours de grec. D’autres ont investi le labo photo argentique, apprennent la batterie, le norvégien, donnent des cours de danse… Il y a également les projets de mission classiques, à savoir la construction d’igloos et d’une patinoire. 
Affaire à suivre !

La traditionnelle photo de mission vue du ciel (Photo: Fabien Petit depuis l'hélico)

Mais où est Charlie?

samedi 21 février 2015

Team ECOPHY

L'équipe ECOPHY (programme 137) entre R2 et R3, sur le mont Caroline. Bon vent et bon courage à Aymeric et Sebastian, probablement malades sur l'Astrolabe à l'heure qu'il est! ;) 


Photos: Alain Mathieu

jeudi 19 février 2015

Anniversaire

Mon anniversaire en Terre Adélie: une belle journée bien remplie, une joyeuse tablée, un très beau/bon gâteau (entremet chocolat blanc & mangue), des co-hivernants au top sur le dance-floor jusqu'au petit matin. 
Merci à tous ceux qui sont loin pour les messages qui m'ont fait très plaisir!
[Photos Claire Cerede]




Décoration des petits frères de mon gâteau d'anniversaire par Fabrice, notre cuisinier.


Yann, notre pâtissier-boulanger


vendredi 6 février 2015

La cabane Marret

C’est en 1952, dans la « cabane » Marret, qu’a lieu le premier hivernage sur l’île des Pétrels (île où je me trouve actuellement). Construite en janvier de cette même année dans le but d’accueillir 4 personnes dont 3 scientifiques pour étudier la colonie de manchots empereurs, c’est finalement 7 hommes qui y vivront toute l’année. La base principale de Port-Martin ayant pris feu dans la nuit du 23 au 24 janvier 1952, 3 autres personnes se joignent à eux. Mario Marret, chef de l’expédition, a raconté leur hivernage dans le livre « 7 hommes chez les pingouins » dont voici un court extrait: 

« Nous avons l’impression de nous trouver dans un zoo dépourvu d’enceinte, dans une sorte de parc immaculé où pétrels, pingouins, damiers, skuas, phoques s’ébattent, pêchent, nidifient, s’accouplent, volètent, jacassent, pullulent en toute liberté. Ce continent glaciaire, où nous avons tant de mal à survivre, où les gestes élémentaires exigent de nous tant d’efforts, où nous succomberions comme des éphémères sans le secours constant de toutes nos ressources techniques, cette terre ingrate est bien à eux, à ces bêtes étranges ou gracieuses qui paraissent avoir été créées à sa mesure ».

La base Marret en mars 1952 (Photo: Georges Lépineux)

Aujourd’hui, 63 ans plus tard, la cabane Marret est toujours là. Classée Monument historique, elle a maintes fois été rénovée suite aux dégâts causés par la rudesse du climat et par le temps. Il n’y a ni chauffage, ni électricité, mais il est possible d’y passer des soirées ou d'y dormir à condition d’avoir un bon sac de couchage grand froid et de faire ça plutôt l'été.. 

La cabane Marret en décembre 2014 (Photo: Stéphane Oros)


A l’intérieur, une galerie de portraits des 7 hivernants, réalisés à l’époque par le médecin-chirurgien chargé d’études en biologie, Jean Rivolier. Les portraits sont accompagnés d’un mot de Rivolier :

« Dans cette cabane, prévue pour trois, vécurent sept hommes, un an durant et s’endurant. Sept hommes chez les Manchots, plus Alfred le Manchot, poussin chéri de Prévost. Sept c’était beaucoup, mais Alfred en plus c’était trop ! Aussi d’aucuns (quatre en tout) fuirent ce lieu déplaisant pour se lancer dans un raid vers l’Ouest (le lointain Ouest, « frontière » de la Terre Adélie), préférant les effroyables dangers de l’aventure à l’odeur de la pâtée d’Alfred. Visiteurs qui entrez ici, saluez la mémoire de ces 7 courageux prisonniers (et d’Alfred) ! »