mercredi 18 mars 2015

Mer en vue ~ Astrolabe

Le 12 mars au réveil, surprise, la banquise a encore débâclé un peu plus! La surface de l’eau scintille et semble toute proche... L’Astrolabe est à 2km de la base ! Impossible de rater l’occasion de voir ce bateau mythique de près (souvenez-vous, je suis arrivée en avion contrairement à la plupart de mes co-hivernants) et surtout, de toucher du doigt l’eau libre et de voir les Empereurs à l’eau…

Défilé d'empereurs et Astrolabe en second plan (Photo: Stéphane Oros)

Devant l'Astrolabe. Au dessus de nos têtes, les allées et venues incessantes des hélicos
pour le déchargement du fioul (ici l'hélico néo-zélandais).


Le lendemain, on remet ça, on va rendre une dernière petite visite à l’Astro (en montant à bord cette fois) et aux derniers campagnards d’été qui nous quittent. 

Nous sommes 24 à présent, c’est "enfin" le début de notre hivernage qui va durer environ 7 mois. Les activités et divers projets d’hivernage sont lancés, j’ai pour ma part commencé la guitare et les cours de grec. D’autres ont investi le labo photo argentique, apprennent la batterie, le norvégien, donnent des cours de danse… Il y a également les projets de mission classiques, à savoir la construction d’igloos et d’une patinoire. 
Affaire à suivre !

La traditionnelle photo de mission vue du ciel (Photo: Fabien Petit depuis l'hélico)

Mais où est Charlie?

samedi 21 février 2015

Team ECOPHY

L'équipe ECOPHY (programme 137) entre R2 et R3, sur le mont Caroline. Bon vent et bon courage à Aymeric et Sebastian, probablement malades sur l'Astrolabe à l'heure qu'il est! ;) 


Photos: Alain Mathieu

jeudi 19 février 2015

Anniversaire

Mon anniversaire en Terre Adélie: une belle journée bien remplie, une joyeuse tablée, un très beau/bon gâteau (entremet chocolat blanc & mangue), des co-hivernants au top sur le dance-floor jusqu'au petit matin. 
Merci à tous ceux qui sont loin pour les messages qui m'ont fait très plaisir!
[Photos Claire Cerede]




Décoration des petits frères de mon gâteau d'anniversaire par Fabrice, notre cuisinier.


Yann, notre pâtissier-boulanger


vendredi 6 février 2015

La cabane Marret

C’est en 1952, dans la « cabane » Marret, qu’a lieu le premier hivernage sur l’île des Pétrels (île où je me trouve actuellement). Construite en janvier de cette même année dans le but d’accueillir 4 personnes dont 3 scientifiques pour étudier la colonie de manchots empereurs, c’est finalement 7 hommes qui y vivront toute l’année. La base principale de Port-Martin ayant pris feu dans la nuit du 23 au 24 janvier 1952, 3 autres personnes se joignent à eux. Mario Marret, chef de l’expédition, a raconté leur hivernage dans le livre « 7 hommes chez les pingouins » dont voici un court extrait: 

« Nous avons l’impression de nous trouver dans un zoo dépourvu d’enceinte, dans une sorte de parc immaculé où pétrels, pingouins, damiers, skuas, phoques s’ébattent, pêchent, nidifient, s’accouplent, volètent, jacassent, pullulent en toute liberté. Ce continent glaciaire, où nous avons tant de mal à survivre, où les gestes élémentaires exigent de nous tant d’efforts, où nous succomberions comme des éphémères sans le secours constant de toutes nos ressources techniques, cette terre ingrate est bien à eux, à ces bêtes étranges ou gracieuses qui paraissent avoir été créées à sa mesure ».

La base Marret en mars 1952 (Photo: Georges Lépineux)

Aujourd’hui, 63 ans plus tard, la cabane Marret est toujours là. Classée Monument historique, elle a maintes fois été rénovée suite aux dégâts causés par la rudesse du climat et par le temps. Il n’y a ni chauffage, ni électricité, mais il est possible d’y passer des soirées ou d'y dormir à condition d’avoir un bon sac de couchage grand froid et de faire ça plutôt l'été.. 

La cabane Marret en décembre 2014 (Photo: Stéphane Oros)


A l’intérieur, une galerie de portraits des 7 hivernants, réalisés à l’époque par le médecin-chirurgien chargé d’études en biologie, Jean Rivolier. Les portraits sont accompagnés d’un mot de Rivolier :

« Dans cette cabane, prévue pour trois, vécurent sept hommes, un an durant et s’endurant. Sept hommes chez les Manchots, plus Alfred le Manchot, poussin chéri de Prévost. Sept c’était beaucoup, mais Alfred en plus c’était trop ! Aussi d’aucuns (quatre en tout) fuirent ce lieu déplaisant pour se lancer dans un raid vers l’Ouest (le lointain Ouest, « frontière » de la Terre Adélie), préférant les effroyables dangers de l’aventure à l’odeur de la pâtée d’Alfred. Visiteurs qui entrez ici, saluez la mémoire de ces 7 courageux prisonniers (et d’Alfred) ! »

Ceux qui partent...

Le 26 janvier, DDU a vu sa population réduire considérablement. L’Astrolabe, enfin sur le départ, a embarqué une quarantaine de personnes à son bord, dont la plupart des hivernants de la TA64. Des « adieux » émouvants, d’autant plus qu’il y avait ces deux là dans le lot...

Dernière virée banquise avec Pierre & Tim.

... Et ceux qui restent.

L’aventure qui s’achève pour certains ne fait que commencer pour d’autres. Pour la mission 65 tout reste à faire, à vivre et à découvrir.

La mission TA 65


mercredi 7 janvier 2015

Biomar

BIOMAR est le laboratoire de biologie marine, le bâtiment où je passe le plus clair de mon temps quand je ne suis pas sur le terrain. Nous sommes une petite dizaine à y travailler pendant la campagne d'été, mais dès le mois de mars et pendant tout l'hiver, nous ne serons plus que deux avec Benjamine.
Biomar ce sont les bureaux des différents programmes de recherche, un labo, une salle stérile, une salle humide, un petit coin cuisine pour les pauses thé & café, la réserve de matériel et une magnifique galerie de photos des précédents biomariens dans le couloir..

Les biologistes de la campagne d'été 2014-15 entre R1 & R2

Photo de passation: En haut les hivernants sortants Pierre (109) & Aymeric (137) et devant, la relève: Benjamine et moi.

Les manchots Adélie

Les manchots Adélie (Pygoscelis adeliae), tout comme de nombreux oiseaux marins coloniaux, présentent une forte fidélité à leur site de naissance (philopatrie natale) ainsi qu’à leur site de reproduction. Ce sont généralement les mâles qui arrivent les premiers, quelques jours avant les femelles, l’occasion pour eux de collecter les cailloux qui constitueront le nid (ni branchage, ni feuilles disponibles ici..). Cette année, le premier manchot Adélie est arrivé le 15 octobre sur l’archipel de Pointe Géologie. Suite à la formation des couples, aux parades et aux accouplements, le premier œuf a été observé sous la poche incubatrice d’un manchot Adélie le 14 novembre (le manchot Adélie pond généralement 2 œufs). Environ 30 jours plus tard, les premiers poussins faisaient leur apparition... Certains poussins sont maintenant bien dodus et ne vont pas tarder à former des crèches quand d’autres sont encore minuscules. Pour le moment la saison s’annonce donc meilleure que celle de l’an passé pour laquelle l’échec avait été de 100% (lire l'article)!

[La suite de la saison de reproduction des Adélies au prochain épisode ;) ]

Couple de manchots Adélie (Photo: Timothée Poupart)

L'un des premiers oeufs pondus sur l'île des Pétrels


Nourrissage des poussins par le parent revenu de son voyage en mer